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mardi 17 janvier 2017

Retrouver la Femme et l’Homme sacrés


Il est essentiel de conférer un second souffle à nos sociétés, en favorisant un nouveau foyer (matrice) d’inspiration et de création vers des pensées et des idéaux fondamentaux et vers des choix plus éclairés. Il y a urgence de quitter l’espace de dualité et la conception séparatiste du courant dominant pour retrouver une vision plus globale (holistique) dans toutes les sphères de nos sociétés ainsi qu’une compréhension et un respect du caractère sacré de la Mère Terre. La présence indéniable de l’énergie du Féminin Sacré, le souffle de la Vie, vient éclairer l’obscurité dans laquelle l’humanité est plongée.
Tous, nous pouvons contribuer par notre amour, nos gestes, nos intentions, nos créations et nos propres guérisons à dissoudre la matrice de l’inconscient collectif teintée d’une profonde souffrance et de cycles d’abus, de mépris, de silence, de honte, d’humiliation et de violence. 

Demandons à ce que cette matrice, avant tout porteuse de vie et du Sacré, retrouve sa véritable identité et sa dignité, dans une aura de respect, d’harmonie, de beauté et de paix. Par une réflexion et un parcours de transmutation du féminin blessé, ce féminin caché dans l’ombre et longtemps écrasé sous le poids du péché d’Ève, l’énergie de la Déesse demande dorénavant à être libérée, honorée, et à s’exprimer dignement dans toute sa splendeur, sa beauté, sa créativité et sa luminosité. La réconciliation du féminin passe inévitablement par un contact harmonieux et respectueux à notre corps, à la matière et à la Mère Terre et par une réconciliation avec notre filiation maternelle.

> Intensifier notre union à la Vie
Nous sommes invités individuellement et collectivement à nous unir à la Vie et à tendre gentiment l’oreille à notre monde intérieur, le sacré de notre féminin. Il est temps qu’il soit mis en lumière en accueillant son énergie solaire féconde dans la profondeur de notre ventre-matrice. Il est temps de lui concéder sa place sacrée au sein de l’univers. En accueillant en conscience la polarité féminine dans toutes nos structures, nous favorisons une plus grande fluidité de notre énergie vitale et un contact plus intime avec le Divin. Ainsi, en intensifiant notre union à la Vie Une, nous vibrons pleinement à la part de féminin en nous.
> Retrouver la Femme et l’Homme sacrés
Il revient d’abord aux femmes de reprendre le bâton du pouvoir et de tracer le parcours initiatique, non pas dans le but d’éclipser les hommes, mais simplement pour que jaillisse de leurs entrailles et de leur cœur un second souffle, ce nouveau foyer d’inspiration émanant de leur biologie propre. Parce que la femme est porteuse de vie et qu’elle a la capacité de la perpétuer, cela lui facilite le retour vers l’intérieur. La femme doit elle-même s’autoriser à se réapproprier ses sensations, son corps, son sexe et à honorer tout le sacré de son principe féminin: intériorité, réceptivité, intuition, écoute, profondeur, souplesse, intimité, beauté, douceur, harmonie, sensualité, grâce, entraide, solidarité, sagesse et compassion. C’est aussi de libérer et de célébrer sa créativité, cette force instinctive de vie, dans l’intensité et la passion. En tant que guérisseuse dans l’âme, la femme est conviée à un voyage salvateur au cœur de son ventre-sexe pour libérer la souffrance ancienne qui l’a coupée de son potentiel créateur. Ce parcours est essentiel afin que chacune puisse reconnecter sa grotte sacrée à l’immense toile de vie et se rouvrir à la sagesse ancestrale de la Déesse. Puis, les femmes guident et initient les hommes à s’unir, à leur tour, à leur nature féminine sacrée et à l’exprimer sans retenue.
> Marie-Isis-Myriam
Par leur présence vibratoire et l’activation de trois faisceaux lumineux, Marie-Isis-Myriam intensifient leur émanation dans le but de stimuler le feu créateur, cette force vive et dynamique de la Shakti, en chacune de nos matrices respectives et de préparer la matrice de vie à accueillir en son sein le Saint Graal, symbole de l’émergence du Nouveau Monde. Lors de leur passage sur terre, Marie, l’archétype de la Mère, et Myriam de Magdala (Marie-Madeleine), l’archétype de la femme charnelle et spirituelle, ont accompli la totalité de la présence du Divin Féminin. Porteuse de toutes les potentialités, elles sont le ventre du monde qui enfante la Vie, le Verbe et le Logos. Leur présence nous insuffle l’inspiration d’où jaillit chaque expression de vie. Marie et Myriam nous invitent à incarner le message du Christ jusque dans notre chair, alors que les traditions ont tenté vainement de nous en éloigner.

Quant à Isis, l’archétype de la Déesse, elle est l’expression énergétique qui transcende le féminin et permet la réunion du cœur de toutes les femmes. C’est la Déesse primordiale qui prend les attributs des multiples représentantes du Féminin Sacré (Sophia, Shekinah, Ève, Lilith, Ishtar, Shakti, Parvati, Kali, Tara, Cybèle, Hathor, Brigit, Sekhmet, Itchel, Pele, Dana, la femme Bison blanc) pour les fondre en une seule divinité. _ Aujourd’hui, l’intensité de la présence vibratoire d’Isis et sa conscience soutiennent la réconciliation et l’union de Marie-Myriam au cœur de l’humanité et dans le corps de toutes les femmes. Il est temps d’arrêter d’opposer indéfiniment ces deux grandes Initiées dépeintes maladroitement depuis des millénaires, l’une comme une vierge, l’autre comme une prostituée. Ainsi, entre Marie et Myriam se tient Isis, la Reine des Déesses, qui nous invite dorénavant à baigner dans la grâce de leur rose unifiée.
 
Marie-Isis-Myriam portent la sagesse d’une seule conscience et d’une seule voix, la voix universelle du ventre du cosmos et de la Mère-Terre. Les femmes sont toutes des descendantes d’Isis et de son émanation. Tous les hommes portent en eux l’étincelle du Divin Féminin. Et vous, entendez-vous l’appel retentissant de la Déesse au cœur de votre corps, de votre cœur et de votre âme? Ressentez-vous cet appel brûlant au cœur de votre matrice-sexe, cet immense réservoir de vie de tous les possibles?

> Fusionner le féminin et le masculin
La voie alchimique de l’amour nous convie à la réunion de la terre et du ciel: l’union de nos racines féminines terrestres (énergie sexuelle) et de nos racines masculines célestes (énergie spirituelle). Cette voie sacrée initiatique n’est pas une voie austère qui passe inévitablement par le chemin souffrant de la croix… Au contraire, ce n’est pas de souffrir dont il est question, mais plutôt de renoncer à la souffrance pour renaître à la Vie. C’est un parcours fabuleux émaillé de moments d’intensité lumineuse et de joie véritable en parfaite union de notre dimension incarnée et de notre dimension universelle. C’est uniquement par l’éclosion et le déploiement de notre nature féminine que nous nous autorisons à l’ascension. Puis, de là, s’ensuit une véritable naissance planétaire. C’est uniquement par l’équilibre des aspects féminin et masculin que renaîtra l’unité primordiale dans une terre unifiée et pacifiée. 
Dorénavant, laissons nos polarités œuvrer ensemble au lieu de les opposer,
les comparer ou les trahir. Déployons nos sensibilités sororales et fraternelles et conjuguons tous ensemble le verbe AIMER.

> À l’agenda pour le Grand Passage de 2012, Maître Marie guidera un périple extraordinaire dans l’un des treize réservoirs planétaires du Féminin Sacré (Voir Féminin Sacré actualisé, chapitres V et VI) au Pays des Mayas – Yucatan du 8 au 22 décembre.
> Pour de plus amples informations sur l’œuvre de Marie et pour connaître les détails de l’agenda d’automne en France, consultez le www.ahavainternational.com et inscrivez-vous à l’infolettre.

Par Lise Côté

En cette importante époque de mutation, à l’heure des changements majeurs qui transfigureront la face du monde, la voix universelle de la Déesse, Marie-Isis-Myriam, retentit au cœur de notre matrice individuelle et au cœur de la matrice de l’humanité. C’est un retour vers le cœur de notre Être, nous laissant guider par la puissance intrinsèque de notre principe Féminin Sacré.

vendredi 13 janvier 2017

De la Danse Orientale au Tribal Fusion



Le terme de danse orientale semble bien vague. Traduction littérale de l’arabe raqs al-sharqui, il désigne cependant quelque chose de bien précis : la danse répandue dans l’est du Bassin Méditerranéen, qui se caractérise par la rotation et les mouvements onduleux du bassin et des hanches, du buste et des bras, et par de vigoureux hanchements.

Parler, en dehors des milieux dans lesquels elle est pratiquée, de danse orientale, de «danse du ventre», amène souvent un silence choqué de l’interlocuteur – à moins que quelque plaisanterie gauloise ne jaillisse – l’une et l’autre attitude étant bien significatives de la tournure d’esprit de la plupart des gens et de leur ignorance. Il faut dire à leur décharge que les spectacles offerts aux touristes amateurs d’exotisme dans certains restaurants, cabarets et night-clubs aussi bien d’Europe que du Proche-Orient, sont encore trop souvent provocants et vulgaires, sans réelle valeur artistique. Sensuelle mais non érotique, la danse orientale peut être pudique, élégante, racée, voire même prendre des aspects hiératiques et nobles.

La danse orientale n’a pas de date de naissance précise, comme en a, par exemple, la danse classique française. Est-elle née chez les Phéniciens ? (la Phénicie occupait l’emplacement approximatif du Liban actuel). Les Tsiganes l’ont-ils apportée du nord de l’Inde ? A-t-elle été introduite en Egypte par les Turcs ?

Thèse la plus communément admise, l’Egypte, conquise en 1415 par les Turcs, ayant fait partie de l’empire ottoman pendant plus de 400 ans ; ou bien les Turcs l’ont-ils au contraire apprise des Egyptiens ?

Les opinions s’opposent, toutes étayées. Il semble que ce style de danse soit la survivance d’une forme de danse liée aux rites de fertilité, au culte de la Déesse Mère des sociétés matriarcales. Ils reproduisaient symboliquement les mouvements de la conception et de l’enfantement et glorifiaient la maternité en représentant la conception mystérieuse de la vie, la souffrance et la joie avec lesquelles une nouvelle âme est mise au monde et célébrait le renouveau de la nature au printemps.


On a retrouvé des traces de cette forme de danse dans le monde entier :

Mouvements de hanches et de ventre très nets sur des peintures rupestres d’Afrique et du Levant espagnol ; sur des sculptures de l’Inde et de la Grèce Antiques ; en Egypte Ancienne dans le culte de Baktet et de la déesse Hathor ;  sur la voie Appia à Rome ;

Description de femmes dansant des nuits entières, entre elles, dans les collines de l’Ancienne Anatolie ;

Danses sauvages des femmes de Sparte dans les temples d’Artémis, déesse de la lune et de la fécondité ; à Chypre, danses érotiques et extatiques des prêtresses d’Aphrodite ;

Dans la Bible : danse de la Sulamite dans le Cantique des Cantiques ; danse de Salomé dans les Evangiles ;

Romains se délectant à voir les danseuses syriennes qu’ils avaient fait venir vers 60 avant JC ;

Poème de Virgile – remarquable mais peu connu – la Copa (ou Fille d’auberge), dont l’héroïne est une danseuse syrienne ;

Description par Pline le Jeune, Martial et Juvenal, des danseuses de Cadix (alors colonie phénicienne), qui dansaient nues et qui, selon Juvenal, plaisaient davantage encore aux femmes qu’aux hommes.

Chroniques d’Adam de Brême, au XIè siècle, dans lesquelles il se plaint des danses lascives des femmes du nord de l’Europe ;

Danses traditionnelles du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, telles la danse bédouine parmi d’autres, la guédra, danse en grande partie assise, toujours pratiquée dans le sud du Maroc et le nord de la Mauritanie ;

Danses des femmes Maori, en Nouvelle-Zélande, qu’on pouvait encore voir en 1950 ; oupa-oupa tahitien, tamouré ;

Danse hula-hula des iles Hawai, toujours pratiquée, danses antillaises ;

Danse pelvienne des Bafioti de Loango et d’autres ethnies en Afrique Occidentale ;

Danse similaire en Nouvelle-Guinée ; dans les îles Salomon ;

Femmes banjara de Delhi, au ventre tatoué, toujours célèbres pour leurs danses et qui sont des tziganes ; alors que les Indiennes portent généralement le sari de danse, les banjara portent jupe basse et boléro ;

Nomades tziganes du Rajasthan, dansant dans les villages avant de faire la quête.

La danse orientale est la seule danse au monde qui fait “danser le ventre”. Le ventre ! Centre de vie de la femme. C’est le coeur de notre anatomie, de nos énergies, de notre féminité. Dans la pratique, nous sollicitons les abdominaux et le périnée. Pour les solliciter, il faut les maîtriser. Ce travail est fait en cours. Bien souvent, les élèves disent alors “découvrir leur corps”. Or, découvrir son corps, c’est se l’approprier. C’est, pour elles, l’occasion de l’écouter, le respecter et souvent de s’en émerveiller. Elles se réconcilient avec ce corps qui, pour des raisons personnelles, leur a, un jour, échappé.

L’American Tribal Style (A.T.S.) : Une base commune, source de cette danse

L’American Tribal Style Bellydance a ses racines dans les danses tsiganes du Moyen Orient auxquelles s’ajoute la sensibilité artistique américaine  contemporaine (Rina Orellana Rall). Le style tribal est né aux Etats-Unis à la fin des années soixante avec Jamila Salimpour. Lors de la «Renaissance Pleasure Fair» (à Berkeley), Jamila Salimpour, professeur de danse orientale, et sa troupe doivent répondre à l’exigence esthétique de la période médiévale.

Pour y répondre avec la plus grande authenticité possible, Jamila travaille donc l’année suivante sur les origines de la danse orientale, ses racines tziganes comme ses styles traditionnels et présente sa nouvelle troupe Bal-Anat en costumes traditionnels.

Au cours de ses recherches ethnologiques et sociologiques, Jamila retrouve les traditions de ces danses tant dans les mouvements que dans les costumes et les maquillages. Dès lors, elle les mélange, les fusionne à chacune de ses représentations. La danseuse Morocco de New York discutant avec Jamila de sa troupe parlera de Tribal Californien ou Tribal Américain (1998) dans la  façon qu’elle a alors de fusionner différentes tribus et différents styles. Ce nom est toujours utilisé aujourd’hui.

Ce style s’identifie à deux caractéristiques majeures : d’une part, l’emploi de mouvements issus des danses folkloriques orientales et tziganes au sens  large, et d’autre part des costumes composés d’éléments traditionnels de différentes cultures (jupes, cholis, turban, bijoux anciens, sagattes...). Puis, quelques-uns des danseurs de cette troupe quittent le groupe pour continuer leur propre route. Les plus fameux sont : John Compton (Directeur de la Troupe Hahbi’Ru), Katarina Burda (Directrice de la Troupe Aywah dont Mira Betz, Zoe Jakes et Elizabeth Strong faisaient partie) et enfin Masha Archer.

Styliste et créatrice de bijoux ethniques, Masha ajoute à ce début de fusion, une esthétique particulière où large sarouel et turban alourdi de bijoux ethniques sont les pièces maîtresses. Côté danse, elle met en scène la troupe (organisation de l’espace scénique) et ouvre les musiques aux harmonies occidentales. Elle développe aussi l’idée d’une danseuse orientale féminine et puissante, à l’encontre de l’image féminine et séductrice de la danse orientale de cabaret. 


Puis Carolena Nericcio, élève de Masha Archer depuis l’âge de 14 ans, fait évoluer le concept de danse en troupe improvisée. Elle organise la danse, la codifie pour pouvoir présenter sur scène une improvisation collective synchronisée. Elle est la créatrice de l’American Tribal Style Bellydance (ATS) et la directrice de la compagnie Fat Chance BellyDance (FCBD). Les costumes sont ethniques (bijoux afghans et berbères, jupes gypsy, turban indien sur la tête, tatouages tribaux sur le visage), la danse se pratique en communauté. Les solistes n’existent pas. Les mouvements fusionnent la danse orientale, la danse khatak d’Inde et le flamenco. C’est une danse de semi-improvisation basée sur le principe «lead & follow» et des «cues» : un meneur «leader» entraîne le reste de la troupe «followers» dans des combinaisons de mouvements déclenchés par des clés «cues». Chaque danseur est tour à tour meneur et «suiveur». L’énergie et la complicité du groupe prime sur la qualité artistique individuelle. L’ego n’a pas sa place dans cette danse.

American Tribal Style : Une interprétation personnelle et créative

Ce style a finalement été appelé «American Tribal Style Belly Dance». Lui donner un nouveau nom permet de le distinguer définitivement des autres danses orientales traditionnelles. «American» rappelle qu’il s’agit d’une invention et «Tribal Style» parce que c’est une danse de groupe où les danseurs portent des costumes venant de différentes tribus (source : site des FCBD).

L’ATS est la seule danse au monde qui utilise le format «cues-lead-follow» et permet d’improviser une danse de troupe parfaitement synchronisée. Grâce à ce langage non verbal, la communauté prend vie sur scène et crée cette magie de l’instant où l’on doit être attentif à l’autre en oubliant son égo et ses propres ambitions. La philosophie de cette pratique artistique est donc :

- le respect des origines des danses
- l’écoute de l’autre et l’humilité
- renforcer la beauté féminine en développant sa confiance et sa force. 


Enfin, Jill Parker quitte la troupe des FatChance Bellydance. Elle souhaite pouvoir créer de nouveaux mouvements en y ajoutant ses propres influences. C’est le début du style American Tribal Fusion Bellydance. Jill est directrice de la compagnie Ultra Gypsy et devient la première danseuse d’American Tribal Fusion Bellydance (ATF - Danse orientale Tribale Fusion Américaine).

D’abord membres des UltraGypsy, elles ont ensuite suivi leur route : Rachel Brice, Sharon Kihara, Rose Harden pour les plus connues. Puis, des solistes apparaissent ainsi que des troupes utilisant des chorégraphies. Les artistes agrémentent la base ATS de leurs propres influences (jazz, hiphop, odissi, contemporain...) et beaucoup d’entre elles utilisent la technique Suhaila Salimpour qui leur permet une maitrise totale de leur musculature exécutant alors sur scène des «isolations» fascinantes. Les costumes se personnalisent, la musique fusionne, voire devient électro.

Aujourd’hui, il existe plusieurs courants tels que : fusion gothique, fusion burlesque, fusion romantique, fusion urbaine... Le point commun à toutes : l’ATS, la posture, l’attitude et la fusion.

L’ATF, toujours fidèle à la philosophie de l’ATS, stimule la création artistique personnelle. Ouverte à toutes les fusions, elle ne demande rien d’autre que d’être soi même. C’est une quête vers sa propre identité qui se nourrit et s’enrichit de l’ouverture à l’autre.

La philosophie de cette pratique artistique est donc :

- le respect de ce que l’on pressent être nous-même ;
- l’ouverture vers d’autres danses ;
- l’expression collective d’une identité personnelle.


Techniquement
Le groupe apprend ensemble un certain nombre de mouvements (ou variations). Il a donc le même vocabulaire de danse. Comment dire à ses partenaires que l’on va exécuter tel ou tel mouvement ? C’est tout l’intérêt des “cues” (ou “clés”). Au lieu de parler sur scène à ses partenaires qui ignorent ce que le leader veut danser, celui-ci exécute un mouvement de tête, de bras ou de main pour indiquer la variation à exécuter. En ATS (renommé ATP par C. Nericcio American Tribal Pura), ces clés sont répertoriées dans une sorte de dictionnaire appelé “format”.

Toutes les danseuses du monde, connaissant le format ATP, sont capables de danser dans un ensemble synchronisé à un instant “T”. En ATS ou ITS (Improvisation Tribal Style), chaque troupe crée son propre vocabulaire collectif sur la même base de “clés” et “variations” et peut ainsi improviser sur l’instant. Carolena Nericcio a également imaginé un système de placement des danseuses permettant à la troupe d’improviser. Le “leader” ou “meneur” est toujours devant à gauche, et les “followers” ou “suiveurs” derrière lui. Tous les danseurs sont tournés légèrement de profil pour apercevoir le “leader” en utilisant leur regard périphérique. Il existe ensuite, plusieurs types de “formations” de troupe. Elles portent des noms : “stagger”, “horse shoe”, “duet”, “circle”...

Le concept est ainsi fait que chaque danseur devient “leader” quand il le désire, tout le monde doit alors le suivre. Ensuite, il quitte sa place quand il le désire également. Les danseurs sont donc, dans une même performance, tour à tour meneur et suiveur. Cela implique donc : de la modestie (quand on est “suiveur” on ne se permet jamais de juger la qualité du “meneur” car à un moment les rôles s’inversent), de l’attention à l’autre (il faut être attentif au signe du “meneur” pour exécuter le format de mouvement indiqué par ses clés), une forte conscience de soi et du groupe pour respecter constamment les placements afin que tous soient vus du public.

Les tatouages et les costumes
Les tatouages existent depuis la nuit des temps dans un bien grand nombre de tribus d’Orient et d’ailleurs. Les Californiennes des années 80 étaient également majoritairement tatouées : il n’est plus un signe d’appartenance à une communauté marginale mais prend véritablement une valeur d’esthétique corporelle. C’est donc tout naturellement que ces femmes ont également fusionné leurs tatouages avec ceux des tribus orientales : le visage est décoré, le corps tatoué. Ces deux apparats font partie intégrante du costume.

Le costume reprend différents atours des danses traditionnelles et folkloriques d’Orient. En opposition à la danse orientale égyptienne classique ou «Raqs Sharqui», le costume est une pièce unique souvent créé par la danseuse elle-même. Il reflète sa vie, ses goûts. Les tissus sont à base de matières naturelles (coton, lin, soie), les accessoires aussi (coquillages, plumes, os, bois, laine). Les bijoux sont antiques. Au fil des ans, les costumes témoignent également de la culture de chaque danseuse : il devient plus contemporain. Les fibres naturelles disparaissent pour laisser place à des matériaux et accessoires plus synthétiques.


Masher Archer fut la première dans les années 70 à proposer des musiques originales et non orientales lors de ses représentations. Même si aujourd’hui encore, les danseuses utilisent des musiques orientales traditionnelles ou remixées, dans ce domaine également la fusion est là. Aujourd’hui, de nombreux DJ se spécialisent dans la création de musiques pour danseuses tribales. On y retrouve les influences orientales remixées ou des musiques électroniques. Seules les troupes de danses ATS continuent de danser sur des musiques très traditionnelles égyptiennes pour des raisons de simplicité rythmique.

Pour les danseuses tribales fusion, elles choisissent des musiques allant du remix oriental ou gitans jusqu’au rock’n roll en passant par l’électro, la techno, la variété, le rap. N’oublions pas qu’il s’agit de danse orientale tribale américaine. Quelques grands noms de compositeurs actuels : Solace, Amon Tobin, Mercan Dede, DJ Amar, Cheb i Sabbah, Oojami, The Toids, Pentaphobe, the Balkan Beat Box.

Pratiques professionnelles
En France, les artistes du spectacle vivant découvrent cette danse et voient en elle une opportunité professionnelle supplémentaire.

Développement de la créativité
Parce qu’elle fusionne différentes techniques, la danse orientale tribale fusion américaine pousse l’artiste à s’ouvrir à de nouvelles esthétiques. Parce qu’elle incite la danseuse à prendre, à un moment donné, la place de «leader», elle force sa créativité spontanée. Parce que le costume de la danseuse tribale fusion est aussi unique et personnel que ses fusions, elle développe l’inventivité esthétique.

Création d’un univers visuel nouveau pour le public
En tant qu’organisatrice de spectacles, j’entends souvent le public exprimer son étonnement et sa fascination pour cet art inconnu qui mélange tant d’univers dans une danse serpentine qui les intrigue. C’est nouveau, alors c’est avant tout la découverte. On vient voir un spectacle de «danse orientale...» et on est très étonné de voir des danseuses se produire sur des musiques électro, rétro ou autres. Surpris aussi de la maîtrise corporelle qui permet des isolations de mouvements étonnantes. Attiré enfin par les  costumes, la multiplicité des accessoires, bijoux sublimes et coiffures sophistiquées.

Opportunité de vivre de son art
Aux Etats-Unis, nombreuses sont les danseuses professionnelles qui arrivent à vivre de cet art. Elles sillonnent le monde pour enseigner et danser. On dénombre environ une trentaine de professionnelles et des centaines de semi-professionnelles. Ailleurs en Europe, une petite dizaine de troupes ou danseuses professionnelles se produisent actuellement et quelques dizaines d’artistes semi-professionnels dansent assez régulièrement.

En France il y a, à ma connaissance, 3 troupes professionnelles et moins d’une dizaine d’artistes professionnels solistes. Les artistes du spectacle vivant commencent seulement à se produire et les professeurs, à enseigner. Il leur a d’abord fallu plusieurs années d’apprentissage dans des stages  internationaux en France et à l’étranger. La danse orientale tribale américaine est une danse récente. Nous avons donc la chance extraordinaire de pouvoir côtoyer encore aujourd’hui ces pionniers qui, un jour, en quête de racines et d’humanité, ont inventé une nouvelle façon de danser le monde occidental contemporain.

Aujourd’hui, la danse orientale tribale fusion américaine se développe doucement en France. Elle véhicule ses valeurs : esprit de tribu, ouverture à toutes formes de danses par la fusion.

Danse orientale tribale américaine : Un retour aux sources des danses collectives populaires avec pour base de mouvements la fusion des danses et des cultures. Elle est une pratique artistique qui combat les discriminations, force l’altérité, supprime les frontières et invite aux rencontres.

Sites des danseuses citées :

Jamila Salimpour et Suhaila Salimpour www.suhailainternational.com
Carolena Nericcio et «FatChance Bellydance» www.fcbd.com
Jill Parker and the Fox Gloves Sweet Heart www.jillparkerbellydance.com
Elisabeth Strong www.strongdancer.com
The Indigo Bellydance Company www.rachelbrice.com
Urban Tribal Dance Company www.urbantribaldance.com

Sources





jeudi 12 janvier 2017

La Perle, un symbole féminin


La perle est un symbole lunaire lié à l’eau et à la femme, donc à la fertilité. Elle évoque toujours quelque chose de rare et précieux. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, la perle a continuellement suscité admiration et fascination car contrairement aux pierres précieuses qui requièrent toute l’habileté du lapidaire pour briller de mille feux, elle est entièrement façonnée par l’huître dans son écrin de nacre. Elle est le fruit magique de l’alliance de l’animal et du minéral. En provenance des mystérieuses profondeurs de l’océan, cette merveille de la nature symbolise l’amour, le bonheur, la réussite et la sagesse.

Signifiant «pureté» dans la Grèce antique, elle évoquait «douceur et plaisir» pour les Romains.



De multiples légendes courraient sur la naissance des perles :
Rencontre de l’arc-en-ciel et de l’océan
Larmes des anges ou des sirènes
Gouttes de rosées tombées du ciel

Dans une légende polynésienne, la perle était le fruit de l’union entre l’eau de mer et la lumière de la lune, cette dernière baignant l’océan de sa lumière, attirait les huîtres à la surface afin qu’elles puissent être fécondées de sa lumière céleste, pour ensuite les laisser repartir dans les fonds marins avec en leur coeur un peu de lumière magique. Les gouttes de lumière étaient alors polies longuement par le temps, cachées dans leurs huîtres, retenant l’exceptionnel rayonnement lunaire en leur sein, jusqu’à faire briller en harmonie toutes les tonalités de couleur et se transformer en perles.
Les perles ont été considérées dans pratiquement toutes les cultures humaines comme un cadeau des Dieux et de la Nature.




Lithothérapie
La perle est le joyau que nous offre la mer. C’est à partir d’un grain de sable ou d’un corps étranger «dérangeant» l’animal dans sa coquille que la perle prend forme, qu’elle se développe et nous délivre ainsi son message de la transmutation. Grâce à son exemple, nous sommes capables de comprendre le processus de notre propre développement et de notre lutte pour conquérir la vie intérieure. Peu importe que nous soyons humbles et opprimés, nous pouvons tous, un jour, devenir aussi beaux et rayonnants qu’une perle parfaite.

En général la perle est douce et apaisante. Lisse, avec son effet miroir, elle est le reflet de soi-même et engage à la manifestation de la vérité Elle absorbe également l’énergie négative de la personne qui la porte et la lui renvoie à la manière d’un boomerang. Ce phénomène nous oblige à un face à face souvent douloureux avec notre propre négativité. On notera que la perle est composée de nacre. La nacre brute qui revêt l’intérieur de certains coquillages présente souvent des reflets irisés qui permettent, comme l’opale blanche, d’ouvrir le chakra du plexus solaire pour un accès au corps mental.

Couleurs et vertus
Blanche, elle est pureté et spiritualité.
Nuancée de beige ou de crème, elle est douceur et onctuosité.
Nuancée de gris, elle est discrète et effacée.
Nuancée de rose, elle est tendresse et affection.
Nuancée de vert, elle est apaisante et guérissante.
Nuancée de bleu ou de violet, elle renforce l’esprit, le sens artistique et la créativité.
Noire, elle est protectrice et concrète, mais la somptueuse perle noire a souvent de très subtiles nuances colorées.

Les mêmes nuances produisent les mêmes effets sur la perle noire que sur la perle blanche, mais aux plans corporel et matériel. Les perles blanches sont destinées aux chakras supérieurs alors que les perles noires conviennent mieux au chakra de la base.

Purification et rechargement
Eau salée, essuyage doux, soleil et lumière lunaire. Attention !
Les perles détestent les acides, les alcools, les parfums. Les perles peuvent MOURIR lorsqu’elles ne sont pas régulièrement entretenues et portées ! Les perles sont consacrées à toutes les déités unaires, elles sont le symbole de la féminité et de l’amour, elles reflètent, tel un miroir, l’éblouissant soleil.


Qui mieux qu’elles peuvent correspondre à Litha ?

vendredi 6 janvier 2017

Le Concile des Sorcières


Le Concile est une communauté discrète de sorcières. Bien que nous levons aujourd’hui un coin du voile, nous préférons rester un peu dans l’ombre. Les sorcières de notre groupe mènent une réflexion approfondie sur la sorcellerie contemporaine et la wicca. Un des buts que nous nous sommes fixés est de renouer avec les anciennes pratiques aussi bien anglosaxonnes qu’européennes. Il est cependant nécessaire d’être créatif, de nous adapter à notre époque, à de nouvelles envies, c’est même un impératif mais il faut souvent revenir aux bases fondamentales pour ne pas perdre le fil directeur. C’est l’éternelle querelle des anciens et des modernes. Il faut trouver le juste équilibre entre le respect des traditions et une évolution nécessaire.



Robert Cochran, le magister contemporain de Gardner prônait déjà cette attitude et nous sommes en accord avec lui. Le partage de nos connaissances et de nos expériences est aussi très important à nos yeux. Il faut que les anciens ou les plus avancés puissent passer leur savoir aux plus jeunes. Ceci sans prétention aucune puisqu’il faut aussi savoir teinter d’humour nos pratiques. Il est important de notre point de vue de continuer le chemin qui nous à été ouvert par ceux qui ont oeuvré pour la Wicca, que ce soit Gardner, Doreen Valiente ou Alex Sanders et les autres aussi. Nous sommes tous un peu les enfants de Gardner sans parfois nous en rendre compte.

Pouvez-vous préciser certains termes comme sorcellerie contemporaine et wicca ?

Cette question a de multiples réponses suivant le point de vue où l’on se place. Le culte des sorcières que l’on appelle communément Wicca (ou plus exactement la Wica) remonte à Gerald B. Gardner et est initiatique par nature. On devient sorcière en étant initié d’une femme à un homme ou d’un homme à une femme en suivant des rituels très précis qui ont pour but de provoquer un changement de conscience et d’ouvrir les capacités psychiques latentes de l’adepte.

En Angleterre, la sorcellerie traditionnelle désigne une «craft» d’essence pré-gardnérienne, en tout cas en dehors du courant initié par Gardner. Elle a ses propres confréries de sorciers et de sorcières. On peut citer ceux de la sorcellerie de Cornouaille, les groupes issus de la Horsa ou le clan de Tubal Cain du regretté Robert Cochran, déjà cité précédemment. La sorcellerie contemporaine est une vision plus récente de l’univers sorcier où l’on n’hésite pas à ouvrir de nouvelles voies. Des auteurs comme Nigel Jackson et d’autres ont contribué à un regain d’intérêt pour l’ancien «Folk lore» du terroir. La «Vieille Religion», un terme repris de «la Vecchia Religione» est pour nous une façon commode de dire que nous suivons la voie des dieux anciens, que ce soit la Wicca ou toute autre forme de sorcellerie. Nous ne sommes ni Druide, ni d’une autre spiritualité païenne.


Nous ne sommes pourtant pas naïfs pour croire que cela signifie que la Wicca remonte aux premiers âges de l’humanité à partir d’une lignée ininterrompue. Pourtant, les racines de la sorcellerie puisent dans un fond commun qui remonte très loin dans le temps. Mais nous n’essayons pas de reconstruire exactement à l’identique. Nous nous inspirons tout autant des pratiques telles qu’elles nous sont parvenues au début du siècle dernier dans les îles britanniques ou sur le continent, que du paganisme antique stricto sensu. Pour donner un exemple concret, nous célébrons plus volontiers Hécate dans une forme plus récente, plutôt que l’Hécate purement hellénique des origines.

Pour finir, je dirais que Gardner était anxieux de s’assurer que la wica ne meurre pas après lui. Elle est bien vivante et pour longtemps encore !

Qui sont les membres du Concile ?

Les membres du Concile sont avant tout des sorcières. Ceci est très important. Il ne suffit pas de se dire sorcière. La sorcellerie et la wicca sont des voies exigeantes qui ne sont pas adaptées à tous. On ne devient pas sorcière en prenant uniquement des cours ni en garant un balai devant sa porte. Quelques fois oui, mais pas toujours ! Etre sorcière, c’est le sentier d’une vie et cela commence le plus souvent comme un appel que l’on ressent profondément en soi. J’aime bien aussi ajouter que si l’on peut se targuer d’être ceci ou cela, c’est à la fin de sa vie, quand l’ombre de la Grande Mère s’approche doucement qu’on peut vraiment dire si l’on a pas été une sorcière d’un jour !

Combien ont tout abandonné en chemin pour retourner à la vie profane ? Peut-être à cause d’un conjoint ? Ou pour toute autre raison.

Certaines sorcières ne se reconnaissent pas comme païennes. Sans doute un besoin de revendiquer haut et fort leur liberté. Dans un sens, les sorcières sont par nature un peu des «Outlaws». Elles ne se laissent pas facilement enfermer dans des cages. Point de dogmatisme donc ! Il y a finalement très peu de sorcières et nombre d’entre elles n’ont quasiment jamais mis les pieds sur le net ou s’y font rares.

Comment savoir si on est une sorcière ?

Quant à nous, nous utilisons l’ancienne méthode pour reconnaitre une sorcière ! Nous la soumettons à la question (Rire) ! Il est évident qu’une sorcière initiée dans un groupe de sorcellerie traditionnelle anglo-saxon ou dans la wicca Gardnérienne ou Alexandrienne peut le prétendre. Il y a aussi les sorcières de naissance et/ou héréditaire qui ont leur propre pratique familiale ou celles qui travaillent en solitaire (et qui ont quelquefois reçu des dons spécifiques). Ce qui est important c’est d’avoir l’esprit sorcier, une certaine façon de voir le monde, sans préjugé, ni dogmatisme et de suivre avec honneur les anciens rites. C’est difficile d’expliquer cela puisqu’il n’y a pas de «Curriculum vitae» officiel. Il y a des sorcières solitaires vraiment très fortes aussi. Bref, nous n’avons pas d’a priori.
Alex Sanders, le «Roi des Sorcières»


Ce n’est pourtant pas le seul critère que l’on demande ! Que faut-il d’autre ?

Il est nécessaire que nous puissions entrer dans le cercle en parfait amour et parfaite confiance. Cela demande du respect, de la fidélité, de l’amitié. Sans ces valeurs essentielles nous ne pouvons pas avancer ensemble. C’est triste mais beaucoup ignorent délibérément ces valeurs, sont inconstants dans l’effort, dans le respect de la parole donnée. Nous travaillons plutôt à l’ancienne. C’est-à-dire que nous privilégions l’oralité et la rencontre physique quand cela est possible. En tout cas c’est souhaitable. Il semble difficile de travailler avec une personne que nous n’aurions jamais pu rencontrer. De plus, nous ne pouvons partager certaines de nos pratiques qu’avec des personnes qui suivent sincèrement la même voie que nous. Nous sommes tenus par certains serments en fonction de nos traditions respectives et nous ne transmettons pas le corpus sorcier au premier venu.

Le secret est-il encore de mise au XXIème siècle ?

Tout à fait ! D’abord parce que certaines de nos expériences sont incommunicables avec des mots. Il faut les vivre, les ressentir. C’est inutile d’en parler. L’initiation, entre autres, ne doit pas être bradée, par respect pour les dieux et le candidat. Il y a trop de demandes farfelues, il est donc nécessaire de faire un tri sévère. De plus, transmettre son savoir est un acte sacré qui demande du temps, de l’engagement, le plus souvent sur de longues années. Cela ne peut être envisagé à la légère. D’où par exemple la traditionnelle règle d’un an et un jour qui sert à éprouver la motivation du candidat à l’initiation.

Pourquoi employer le terme de sorcière plutôt que celui de wiccan ?

Pourquoi pas ? Les membres des covens de Gardner se sont toujours présentés comme sorcières. Ce n’est qu’assez récemment - enfin, à partir des années 70 - que le terme wiccan est devenu populaire dans les milieux de la wicca. Il s’agissait à l’époque pour certains de se démarquer de l’aspect par trop magique et connoté de l’univers de la sorcière, pour le remplacer par un substantif plus neutre, et d’autre part d’en profiter pour mettre l’accent sur le côté spirituel. Par un étonnant retour du balancier, il semble maintenant que le terme Wiccan soit de plus en plus perçu, comme étant lié à une pratique de masse, avec toutes les dérives que cela comporte.

Personnellement, je préfère rester fidèle à la dénomination de sorcière. On pourra gloser longtemps sur le rôle de la sorcière aux temps anciens, sur  ses connaissances, ses croyances, ou si elle avait recueilli une partie du savoir ancestral. Qu’importe, la sorcière moderne se nourrit à toutes les sources du savoir. C’estl’archétype à venir de la sorcière du XXIème siècle qui nous intéresse de faire vivre.

N’êtes-vous pas trop traditionaliste ?

Nullement. Nous aimons juste ne pas tomber dans le n’importe quoi. La wicca initiatique de Gardner est la brique fondamentale, les nécessaires fondations si vous préférez, de notre voie. S’il y avait une loi de copyright pour l’utilisation du corpus de la wicca, on pourrait élever à Gardner une statue en or massif avec les royalties. La wicca traditionnelle semble donc une piste de départ logique pour acquérir les bases. Mais même Doreen Valiente a été voir ailleurs. D’abord dans les anciennes pratiques magiques de l’Angleterre et puis un temps auprès de Robert Cochran. Nous n’avons fait qu’effleurer la surface de nos traditions et il nous reste encore beaucoup à découvrir.

Notamment du côté du chamanisme européen. Nous explorons aussi tout naturellement ce que l’on appelle l’«Hedge Witchcraft», en fait une simple branche de la sorcellerie où le savoir des «Cunning Folks». Certains d’entre nous étudient Agrippa, l’astrologie, la magie cérémonielle. Il n’y a pas pour nous de cloisonnement des disciplines. L’Art des sages est juste la façon subtile de tresser entre eux les différentes branches de notre arbre de la connaissance. Notre héritage est à la fois celui des temples et celui des landes sauvages. Les archétypes féminins ne nous sont pas étrangers non plus, ni même les concepts Jungien. On se tient au courant tout de même ! On pourrait dire pour résumer que nous sommes très rigoureux mais aussi très ouverts.

Y-a-t-il une éthique particulière au Concile ?

Nous reconnaissons que le monde montre autant de lumière que d’ombre, de joie que de peine. Nous préférons cependant faire oeuvre de lumière plutôt que nous vouer à des actions négatives. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Nous essayons d’agir sans léser autrui. C’est sûrement un conseil qui vous rappelle quelque chose ! Plus simplement, si quand vous vous levez le matin vous pouvez vous raser (original pour une sorcière, non !) en vous regardant dans la glace sans problème alors vous êtes peut-être sur la bonne voie (de l’éthique sorcière !).


Et la magie ?
Il y a comme une sorte de tabou apposé sur la magie. Beaucoup disent qu’il ne faut pas en user, beaucoup en ont peur, beaucoup parlent sans savoir. La magie fait partie de notre culte, c’est indéniable. Une incantation comme une prière est déjà en soi de la magie. Notre façon de projeter le cercle aussi. Il ne faut pas oublier que lors des esbats les membres des covens alexandriens n’hésitaient pas à demander des guérisons ou toute autre aide magique. C’était même une part importante des activités de la «pleine lune». Mais une sorcière saura ne jamais outrepasser ce qu’il est possible et raisonnable de faire. Elle connait les lois de l’invisible et n’agit pas à la légère. C’est la grande différence avec celui qui connait imparfaitement les règles de l’Art et se lance dans la magie. La magie ne prend de sens que lorsqu’elle est un acte sacré. 


Comment peut-on venir à vous ?
Pour ceux ou celles qui voudraient en savoir plus, il y a toujours des portes d’entrées que l’on peut trouver.

Y-a-t-il des conditions particulières ?
Etre majeur. C’est un pré requis absolu. Nous avons une préférence pour des personnes qui ont déjà eu le temps d’expérimenter un peu la vie. Il y a trop de jeunes qui idéalisent le sujet.

Des projets ?
Chaque sorcière du concile à sa propre liberté et agit dans sa propre sphère personnelle. Sinon, bien sûr, toujours les rencontres, les célébrations et les rituels, le travail commun de réflexion. Une vie de sorcière en somme !

Article de  Laborare et Orare !