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vendredi 2 février 2018

L'interaction avec les énergies de la femme-mère


La Phase Mère
C'est une période pendant laquelle vous faites présent de vous-même, de votre amour et de vos compétences, mais c'est aussi le moment de reconnaître le lien qui vous unit à la terre. La société moderne considère la mère comme une citoyenne faible et de seconde zone, mais indispensable. Ainsi, sans tenir compte du chemin parcouru et des exploits accomplis par les femmes, la mère est considérée comme un animal instinctuel dont le cerveau n'est capable que de s'adapter à la procréation et qui doit obéir aux ordres des processus organiques sur lesquels elle n'a que peu de prise.






Les jeunes femmes, et en particulier les mères célibataires, sont tournées en ridicule à cause de leur grossesse et considérées comme une charge pour les finances de l'état. Au sein de notre société moderne, les qualités que sont l'intelligence, la force et la sagesse ne sont plus associées à la maternité, de même que les aptitudes et vertus dont les mères font preuve par leur sollicitude, leur désintéressement et le fait d'élever des enfants ont tellement été aviliés qu'on leur refuse respect et statut. Il est d'ailleurs intéressant de noter que les hommes manifestant les mêmes capacités, qualités et tendances sont victimes du même parti pris.

La phase Mère est marquée par la force et l'énergie, mais à l'inverse de ce qui se passe au cours de la phase Vierge, l'expression de cette énergie prend un caractère désintéressé, plus rayonnant que dynamique. Elle survient à un moment charnière réalisant l'équilibre entre l'expression extériorisée de l'énergie et celle, intériorisée, de l'amour et de la sollicitude. Elle procure un sentiment de satisfaction et d'achèvement fondé sur un amour et une harmonie profonds. Elle débute à peu près au moment de l'ovulation apportant une confiance en soi infaillible et la valeur personnelle vous permettant de proposer soutien, encouragement, force et aide à autrui. Elle correspond à une focalisation de votre énergie vers l'extérieur, vers les autres et non vers vous-même.

Cette phase amène aussi une forte pulsion sexuelle portant un amour profond à votre partenaire. Les rapports sexuels vous apportent la joie dans le don total de vous-même à l'autre en donnant du plaisir. Cette attention et cet amour ouvrent votre conscience à un niveau plus profond, vous procurant une sensation d'éternité et où votre partenaire devient votre enfant.

A ce moment, la communauté, la sollicitude active et le désir d'aider autrui peuvent prendre une grande importance. La force nécessaire à son accomplissement est pondérée par la conscience spirituelle de participer aux merveilleux naturel et divin. Comme la sexualité, les énergies créatrices sont égaiements très forts et les rêves peuvent être extrêmement animés et peuplés d'images thématiques répétitives.

L'interaction avec les énergies de la femme-mère

Vous pouvez constater que vos vêtements ont tendance à évoquer, par leur style et leur coloris, la nature ou des thèmes en rapport avec la terre-mère. Vous ressentez l'envie d'exprimer vos énergies dans des habits fluides originaires d'autres pays, aux motifs floraux ou aux coloris lumineux et chauds de l'été, faisant appel à des fibres et des teintures naturelles, ou encore en vous servant de verts et de rouges pour symboliser vos énergies vitales.

Contrairement à la féminité à fleur de peau de la période Vierge, celle de la phase Mère est caractérisée par une plus grande profondeur, donc votre choix se portera sur des vêtements moins frivoles, plus féminins et plus fluides. Laissez votre silhouette montrer ses courbes, mais d'une manière plus discrète que pendant la phase précédente. Si vous avez une jolie poitrine, montrez-la ! A la faveur d'une sexualité plus intériorisée, d'une confiance et d'une force intérieures vibrantes, les hommes vous remarqueront davantage vous incitant à porter plus de bijoux et de parfums capiteux.

En cette période, le corps en est la meilleure expression. Vous pouvez ressentir le besoin de ne porter aucun vêtement, seulement des bijoux. Cette manière de faire est évidemment déconseillée pour travailler ou par températures inférieures à 0°, mais si vous avez l'occasion de marcher nue chez vous, dans la campagne ou encore de ne découvrir que vos seins pour les exposer au soleil et à la brise, cette expression est la meilleure pour faire communier votre moi à la nature et aux énergies créatrices de la vie.

Cette phase vous donne l'occasion d'éprouver une grande joie dans le don de vous-même, de vos compétences, de votre attention et de votre aide aux autres. La Mère a la capacité d'assumer les responsabilités à leur place, de les soigner, de les aimer et de leur proposer une ligne de conduite, ses conseils et sa compassion. Essayer de leur tendre la main et ils réagiront plus franchement à votre invite qu'à n'importe quel autre moment de votre cycle. Vous pourrez même constater qu'ils vous aborderont spontanément pour vous parler de leurs problèmes ou vous demander votre avis. Mettez votre force et votre sagesse à leur service, mais surtout ne leur imposez pas vos vues.

Surtout laisser vos enfants commettre leurs propres erreurs, chose difficile à faire pour une mère ! Renouez avec les amis ou les membres de la famille que vous n'avez pas vus depuis longtemps, écrivez-leur ou téléphonez. Bien qu'on ne le remarque que rarement dans la vie moderne, la mère est souvent le point de convergence de toute la famille : c'est elle qui se souvient des dates de naissance, des traditions familiales, des anniversaires et qui maintient les liens familiaux en gardant le contact avec ceux qui ont quitté le berceau familial.

A l'occasion, rendez visite à votre mère, voyez en elle l'origine de votre vie comme vous êtes celle de vos enfants, et prenez conscience que, bien que vous soyez son enfant, vous êtes son égale en tant que femme et partagez ce lien qui dépasse les différences de génération et d'opinion. En la regardant, voyez le fil de la vie qui remonte dans le passé comme elle voit en vous celui qui file vers l'avenir. Si vous avez des jeunes enfants, essayez de faire quelque chose d'un peu particulier avec eux ; il y a peut-être des traditions familiales ou religieuses qui sont à leur transmettre, mais vous pourriez aussi vous arranger pour passer un petit peu plus de temps avec eux, pour les aider à apprendre. En effet, les enfants saisissent souvent plus rapidement que les adultes ce qui différencient les phases de votre cycle.

Pendant cette période vous ressentez un besoin égal d'expression intérieure et extérieure.  Cette phase peut aussi prendre un caractère très spirituel en vous donnant le sentiment d'être en harmonie avec la vie, la nature et le divin. Vous pouvez éprouver l'envie de sortir pour recueillir les forces de la nature et de la vie alentour. Si vous disposez d'un jardin ou si vous découvrez un lieu tranquille au milieu des plantes et des arbres, accordez-vous un moment pour vous asseoir au calme et vous en imprégner. Si vous vivez en agglomération, la nature est toujours présente dans le ciel, le soleil, le vent et la pluie, les arbres, les plantes, les oiseaux et les insectes. Vous constaterez que la conscience de la nature est plus importante si vous vivez à la ville que si vous habitez en permanence à la campagne. Vous vous découvrirez également une conscience et une compréhension plus profondes des animaux qui vous entourent.

Vous pouvez aussi être attiré par le côté nocturne de la nature. Si vous disposez d'un lieu sûr, goûtez les émotions et sensations que procurent la nuit et la clarté des étoiles et de la lune.

Quant à la sexualité, elle s'accompagne d'une forte pulsion créatrice. Vous désirerez entreprendre de nouvelles activités pour la maison comme refaire la décoration ou remplacer un certain désordre par un rangement rigoureux. Si vous avez un jardin, vous exprimerez cette énergie en nourrissant et en soignant vos plantes. D'autre part essayez une réalisation concrète comme la peinture, le dessin, l'artisanat la musique, l'écriture ou simplement la cuisine d'un plat un peu particulier. Ce faisant, soyez consciente du fait que vous créez quelque chose, même si a priori la façon d'y parvenir vous paraît quelconque.

Vous êtes plus réceptive aux idées des autres, vous leur apportez de nouveaux aperçus, une manière différente de voir les choses en devenant l'auteur de concepts personnels développés et réalisés éventuellement dans le même temps. Pour certaines entreprises à long terme dont l'exécution commence à traîner en longueur, profitez de l'énergie qu'apporte la phase Mère pour leurs faire bénéficier d'une impulsion et d'un enthousiasme nouveaux.

L’éclatante lumière de cette phase introduit dans le monde l'énergie créatrice issue de l'obscure matrice qu'est la phase Sorcière. Sa lumière rayonne à l'extérieur, embrassant toute vie. La lune éclatante est la nouvelle lune, la création dans sa totalité et la forme manifestée du divin. Dans la clarté de la pleine lune, recevez le lien vous unissant au divin dans la nature. Lorsque l’ovulation se produit au moment de la pleine lune, elle vous apporte la joie de vivre, le sentiment d'appartenir et de participer à la création. D'autre part, quand elle coïncide avec la nouvelle lune, le cycle de la lune Rouge sème la graine de la connaissance intérieure et de la conscience profonde qui doivent apparaître dans la lumière du monde manifesté.

La femme qui refoule l'expression de ses composantes énergétiques Mère peut ignorer les liens profonds de partage et d'amour qui l'unissent aux autres. Celle qui laisse cette énergie gouverner son existence, risque de devenir passive, sans aucune ambition pour sa vie personnelle et dépourvue de confiance en elle pour tous domaines autres que la maison. Elle se voit souvent exploitée, cantonnée dans un rôle empreint de sollicitude et de compassion, donnant constamment d'elle-même sans égards pour ses aspirations propres. Elle s'accroche à la vie de famille, unique raison de son existence, aussi est-elle souvent incapable de s'adapter lorsque ses enfants quittent le domicile parental.

Mots-clés
Vie / sollicitude / compassion / amour / développement / nourriture / force / rayonnement / pleine lune / soutien / don / matrice accueillante / vache / abeille /fécondité / nature / terre / réceptive / sagesse / conseil / fruit.



EXERCICE - MÉDITATION MÈRE
Asseyez-vous dans un jardin ou un lieu d'où vous voyez des arbres et des plantes, observez les tons verts, les ombres, la lumière du soleil et laissez-les se confondre progressivement. Votre oeil intérieur vous montre une jolie femme vêtue du paysage environnant. Reconnaissez-vous comme partie de son vêtement et sentez sa présence. Imprégnez-vous de la paix et de l'harmonie intérieures qu'elle procure ainsi que, venant du tréfonds d'elle-même, de son amour bouillonnant comme une source. Autour de vous, la trame et la chaîne de son habit donnent cohésion à toute vie qui luit, baignée par les énergies créatrices qu'elle rayonne. Prenez-en conscience ; sentez comme vos bras et vos mains palpitent du besoin, du pouvoir d'aimer et de soigner tout ce que vous voyez. Laissez-les rayonner au-delà de vous-même, votre conscience du moi n'ayant plus aucune importance au regard du besoin que vous éprouvez de réconforter, protéger et contribuer à soulager la souffrance et la peur d'autrui.

Enfin, ramenez votre conscience à votre environnement, chargée des sentiments d'amour et de paix.


Marie-Madeleine, une femme atypique




Marie-Madeleine est peut-être l’une des figures les plus controversées du Christianisme. Considérée par certains comme une femme aux mœurs légères et par d’autres comme une grande initiée, une prêtresse consacrée au plus-haut, sa personnalité et son rôle auprès de Jésus demeurent un mystère pour nombre de théologiens.

Quelle était l’orientation profonde de sa vie ? Quelle était la nature de sa relation avec Jésus ? Qui était réellement cette femme dont la tradition ésotérique a préservé la mémoire avec une grande précision ? C’est à toutes ces questions qu’Olivier Manitara, spécialiste des Esséniens, tente de répondre ici, en posant sur la vie de cette femme surprenante un nouveau regard.



Myriam, surnommée familièrement Miri par sa sœur Marthe, naquit à Antioche de Syrie vers l’an 4, d’un père syrien, Théophile, gouverneur local de la province, et d’Eucharie, une Judéenne de la lignée royale de David. Son père était un très riche marchand. Il faisait du commerce avec l’Orient et l’Égypte. Lazare, qui sera nommé plus tard du nom de saint Jean, était son frère. Ils étaient des êtres très pieux, très proches de la famille de Jésus et de la famille de saint Jean le Baptiste, très proches des Esséniens sans réellement faire partie de leurs communautés. Jésus adorait cette famille et lui rendait souvent visite.

Une femme atypique
Marie Madeleine était une femme hors du commun, dynamique, créative, d’une beauté magnétique, irrésistible, qui venait de sa beauté intérieure, de sa grandeur d’âme. Elle avait pour atouts une volonté farouche et, comme certaines femmes un peu particulières, une sorte de clairvoyance et un savoir inné, un savoir direct face à tous les mondes, mis à part le monde divin.

Et bien que cela n’ait rien à voir avec ce que l’on connaît aujourd’hui, Marie-Madeleine était une féministe : elle militait pour les droits des femmes. Un exemple : Elle contribua à ce que les femmes obtiennent le droit d’entrer dans les synagogues.
 La situation sociale qu’elle occupait faisait d’elle une protégée de l’administration romaine, dont son père était issu.

Elle avait l’amour de la Lumière. Son impétuosité, la force de son amour lui valurent une image fougueuse, nimbée d’un charisme étonnant. Marie Madeleine est à l’image de la femme qui prend le monde dans son cœur. Elle représente la femme qui approche son cœur du cœur de la Mère du monde (L’âme de la Terre-Mère) et qui veut travailler avec Elle. Elle ne préfère pas les hommes aux fourmis. Elle se tient dans la beauté de son âme, reliée à l’âme de la Nature vivante.

Essénienne de cœur et d’esprit, elle était très libre, joyeuse, bouillonnante et en imposait beaucoup par sa présence. Mais elle n’était pas du tout paisible, sereine et voulait toujours en faire plus. Elle se considérait comme un être humain complètement ordinaire. Néanmoins, elle voulait transformer le monde. Elle travaillait le jour et la nuit et était toujours dans l’insatisfaction du travail réalisé, même à l’heure de sa mort.

On la nommait « la fille de la joie », car elle savait mettre de la joie partout, dans l’eau, dans la cendre, dans la terre, dans les repas... Elle savait également, par son amour, par sa concentration, par cette conscience supérieure qui émanait d’elle, par l’art du toucher, mettre de la force dans ses paroles, dans ses pensées, dans ses gestes, bénir les objets, les maisons, prendre soin de la terre, de la nature et de la vie. De ce fait et toujours dans cette aspiration de vivre avec les Anges et avec les vertus, elle put réaliser de très nombreuses expériences. Et grâce au maître Jésus, elle apprit à travailler dans l’alliance avec un monde supérieur, non pas dans des apparences trompeuses, mais jusque dans la réalité concrète.



Une ancienne prêtresse égyptienne

Dans une ancienne incarnation égyptienne, Marie Madeleine était prêtresse. Elle avait totalement personnifiée la Déesse Hathor et, à ce titre, avait été adorée et vénérée comme telle. À cette époque où les Pharaons Fils du Soleil gouvernaient (avant la chute de l’Egypte), les Esséniens travaillaient avec les Dieux. Ils parlaient avec les Dieux, vivaient avec eux, les appelaient afin de permettre à certains êtres préparés d’incarner des Divinités. Ces êtres étaient éduqués dans des temples, jusqu’à ce que le Principe même de la Divinité puisse vivre dans leur corps. Ils connaissaient ces secrets et n’y voyaient aucune difficulté. Ils savaient même que lorsqu’ils avaient attiré une Divinité dans un corps, ils pouvaient la faire vivre dans plusieurs corps.

Marie Madeleine représentait le côté féminin d’Isis car, dans son essence, elle était fille d’Isis – c’est-à-dire qu’elle faisait partie de ces femmes qui s’étaient incarnées pendant plusieurs siècles pour réactiver la mémoire d’Isis. Il faut savoir qu’Isis n’a pas été uniquement une femme dans une seule femme, mais qu’elle a été une femme dans plusieurs femmes.

Rares sont les femmes, à travers les siècles, qui ont compris qu’elles devaient enfanter Dieu sur la terre. Et c’est pourquoi les femmes telles que Marie Madeleine étaient considérées comme précieuses, d’une valeur inestimable. En effet, elles savaient mettre la Lumière au monde et lui donner un corps. Leurs pensées étaient habitées par les forces de la Lumière et elles étaient réellement en communication avec des êtres lumineux et purs, qui vivent en l’homme et autour de l’homme.

Par son ardeur, par sa détermination, Marie-Madeleine put retrouver peu à peu de nombreux secrets oubliés, dont la mémoire des anciens mystères d’Isis qui vivaient en elle. Elle avait toutefois conscience qu’existaient d’autres Mystères beaucoup plus hauts, dont certains lui seront révélés ultérieurement par Jésus.

L’expérience qui aura marqué toute sa vie, c’est sa rencontre avec Dieu à travers Jésus, qui, pour elle, était Dieu Lui-même. Elle a réellement vu en lui l’incarnation de ce monde dont elle portait la mémoire.

Marie Madeleine représente aujourd’hui la femme de Lumière qui a posé les fondements du christianisme. Elle nous a précédés sur ce chemin de l’amour pour Dieu. Et c’est en allant vers la Lumière, fécondée par Dieu et engendrant Dieu dans le monde, avec amour, avec bonté, que Marie Madeleine a démontré par son exemple le principe supérieur de toute initiation féminine. Elle l’a fait dans la plus grande humilité et simplicité. Sans elle, Jésus n’aurait jamais pu accomplir sa mission sur la Terre…

Par Olivier Manitara

Pour en savoir plus :

Article complet dans le magazine Essentiel n°36 – janvier-février-mars 2018


jeudi 4 janvier 2018

Le côté sombre de la Déesse



C’est de l’espace sombre que nous émergeons – qu’il s’agisse de nos mères ou de la plus mystérieuse « mer » cosmique des âmes – et c’est à l’obscurité que nous retournons lorsque nous fermons les yeux au temps de la fin.



Au sein des cercles de la Déesse, l’idée  du « sombre » reste communément associée au mal, au négatif, au mauvais ou au désagréable. La Mère Sombre, bien que reconnue et acceptée, est souvent en même temps assimilée à la mort, à la destruction, au défi, aux épreuves et aux obstacles. Bien que ce concept de mère sombre, démoniaque et destructrice puisse aussi avoir une place dans les traditions de la Déesse (comme avec Kali ou Durga), je pense qu’il est limitant de façon inutile et que l’idée de l’ « Obscurité » en général a besoin d’être revue. Il n’y a pas que le rôle ou la place de la mort au sein de la roue de la vie ou que l’archétype de déesse que la déesse en tant que Mère Sombre et destructive puisse être honorée et reconnue, mais on peut explorer l’Obscurité comme lieu de soin et de repos.

Dans son article “Revisioning the Female Demon” (1998), Elinor Gadon (1) explique qu’il y a une tendance dans le mouvement de la Déesse contemporain à «ignorer son côté sombre », et elle remarque que «dans son entièreté elle est à la fois créative et destructrice…

Le mouvement de spiritualité féminine a besoin d’un miroir plus inclusif dans lequel reconnaître et retrouver les pouvoirs élémentaux féminins qui ont été scindés entre la pacifique, la bonne nourricière, et la maléfique, destructrice guerrière » (p.2).

Dans le livre Fire of the Goddess de Katalin Koda (2) dans le chapitre Reclaiming the Dark Mother l’auteur
dit :

« Les qualités féminines de l’obscurité, l’humidité, la naissance, et le sang, symbolisent la mère sombre et notre Initiée interne. On nous a appris à nier ces parties de nous et de nos corps ; honorer le féminin sacré vous invite à revendiquer des parties, non seulement comme parties de qui vous êtes, mais aussi comme aspects puissants de votre vie. Quand nous faisons face à notre ombre, nous sommes initiés à nos pouvoirs les plus profonds. Il se peut que ces parties nous effraient ; Ces aspects de nous-mêmes hurlants, sous-alimentés, réprimés qui demandent à être entendus, mais auxquels nous ne supportons pas de faire face. »

Et si le côté Sombre de la Déesse , n’était pas maléfique, furieux et destructeur ? Et si en fait la Déesse Elle-même se trouvait dans l’obscurité ? Judith Laura (3) écrit à propos de la matière noire «pourrions-nous appeler cette « force invisible » Déesse ? La matière noire pourrait être assimilée à l’utérus de la Mère, en gestation continuelle de particules, soleils, galaxies, qui s’écoulent d’elle dans un courant continuel… La matière noire peut aussi être représentée sous l’aspect de la Déesse de l’Ancienne [crone] – sombre et puissante » (Goddess Spirituality for the 21st Century, p. 181).



Une des tâches de la Théalogie a été de réévaluer le concept d’obscurité. Jacqueline DaCosta note « Cette obscurité… équivaut à l’obscurité du savoir inné, instinctif, où nous sommes au sein de l’utérus de la Déesse » (p. 115 (4)). Les observations de DaCosta sont cohérentes avec mes propres expériences et observations du monde. Dans l’obscurité, les choses germent et poussent. Le sombre est un lieu calme, contenant, sécurisant et accueillant – nous venons de l’obscurité et c’est là que nous retournons. L’utérus est l’endroit où j’ai nourri et fait grandir mes enfants, et il est sombre et sécure en mon expérience. En fait, l’obscurité n’est-elle pas l’utérus de toute la création ?

C’est de l’espace sombre que nous émergeons – qu’il s’agisse de l’utérus de nos mères ou de la plus mystérieuse « mer » cosmique des âmes – et c’est dans l’obscurité que nous retournons lorsque nous fermons les yeux pour la dernière fois. L’obscurité contient notre ADN. Notre lien au passé et au futur. A la naissance de l’univers, une partie de nous était là, dans cette explosion à partir de l’obscurité.

Dans le livre Meditation Secrets for Women (5), Camille Maurine écrit sur l’idée de descente, et de «descendre » dans ses propres lieux sombres : « Il y a des moments dans la vie d’une femme, où l’appel vers le bas est un voyage transformateur, une convocation dans les profondeurs de l’âme. Les gens ont tendance à penser la spiritualité comme élévatrice vers le ciel. Dans les enseignements traditionnels (masculins), l’illumination est souvent décrite comme un envol des centres bas du corps, de l’instinct et de la sexualité, vers les centres plus élevés dans la tête puis en dehors. Au contraire, la quête de la femme mène à un certain moment à sombrer de toute son âme en elle-même. Tout le monde craint cette descente.

Pourtant sombrer nous connecte à la terre, à notre sol personnel, à notre fondation. Il y a un secret dans l’ «ensombrissement »(5). » La Sombre Déesse n’a pas besoin d’être associée automatiquement ou traduite en « sombre », «souffrante », « négative » ou « côté sombre ». Je pense l’obscurité comme un cocon. Je pense à l’utérus. Je pense à la germination. Je pense à un lieu de repos, d’attente, d’immobilité et de transformation. Émergence. Profondeur. Richesse de la terre. Gloria Orenstein fait référence à
l’ensombrissement comme « un lien avec la terre et l’invisible qui va ré-établir notre sens d’interconnexion  avec toutes les choses, phénoménales (6) et spirituelles, qui composent la totalité de notre vie dans notre cosmos. Les arts écoféministes ne maintiennent pas que le savoir analytique, rationnel serait supérieur aux autres formes de connaissances.

Ils honorent l’intelligence de la Terre Gaïa et les souvenirs accumulés par ses plantes, pierres, sol et créatures. Par la communication non verbale avec les énergies de sites sacrés dans la nature, les artistes écoféministes obtiennent un savoir important sur l’esprit du lieu, qu’ils peuvent honorer au travers des rituels créatifs et des pièces environnementales. » (Reweaving the World, p. 280). Cela me parle en raison de mes expériences théapoétiques de la présence de la Déesse dans mon propre coin sacré dans les bois derrière ma maison, où je vais aux « rochers de la prêtresse » pour prier, réfléchir, méditer, ritualiser, penser et converser avec les esprits de ce lieu.

J’ai assisté à une présentation d’histoires de naissances à une conférence en 2011 durant laquelle la conférencière, Pam England, a utilisé la descente d’Inanna comme métaphore pour expliquer quelques concepts. Elle dit que le lieu « où vous avez été le plus blessé-e – le lieu où la chair vous a été arrachée des os et mâchée, devient le siège de votre médecine la plus puissante et l’endroit où vous pouvez attendre quelqu’un là où personne d’autre ne le peut. » C’est ce que je ressens comme ce qu’offre la Déesse Sombre. Elle est présente quand la chair est arrachée. Elle est là dans la guérison des blessures et La connaître, marcher avec Elle, Lui faire face mène à une médecine puissante.

« Pour chacune de nous en tant que femme, il y a un endroit profond en nous, où enfouit et grandissant s’élève notre véritable esprit. En ces lieux profonds, chacun est porteur d’une réserve incroyable de créativité et de puissance, d’émotions et de ressentis inexplorés et inédits. Le lieu de pouvoir de la femme en chacune de nous. Est sombre, est ancien, et est profond.»



Audre Lorde - Article initialement publié en anglais sur https://feminismandreligion.com
Retrouvez les articles et créations de Molly sur http://www.brigidsgrove.com/blog

NDT : 1 « Révision du démon féminin », Elinor Gadon http://www.belili.org/marija/bios/elinor_gadon.html



4 « To Explore Whether the Concept of ‘Dark’ as Expressed in Theology Can Be Reconciled in Any Way to the ‘Dark’ of Thealogy » http://fth.sagepub.com/content/12/1/103

5 « endarkenment » en anglais

6 phénoménales au sens philosophique : qui peut être l’objet d’expérience par les sens

par Molly, traduit par Siannan Partagé par Francesca-Françoise Salaün Blog : http://etredivinaufeminin.blogspot.fr/



La vie secrète de Marie-Madeleine




Marie-Madeleine est peut-être l’une des figures les plus controversées du Christianisme. Considérée par certains comme une femme aux mœurs légères et par d’autres comme une grande initiée, une prêtresse consacrée au plus-haut, sa personnalité et son rôle auprès de Jésus demeurent un mystère pour nombre de théologiens.

Quelle était l’orientation profonde de sa vie ? Quelle était la nature de sa relation avec Jésus ? Qui était réellement cette femme dont la tradition ésotérique a préservé la mémoire avec une grande précision ? C’est à toutes ces questions qu’Olivier Manitara, spécialiste des Esséniens, tente de répondre ici, en posant sur la vie de cette femme surprenante un nouveau regard.

Myriam, surnommée familièrement Miri par sa sœur Marthe, naquit à Antioche de Syrie vers l’an 4, d’un père syrien, Théophile, gouverneur local de la province, et d’Eucharie, une Judéenne de la lignée royale de David. Son père était un très riche marchand. Il faisait du commerce avec l’Orient et l’Égypte. Lazare, qui sera nommé plus tard du nom de saint Jean, était son frère. Ils étaient des êtres très pieux, très proches de la famille de Jésus et de la famille de saint Jean le Baptiste, très proches des Esséniens sans réellement faire partie de leurs communautés. Jésus adorait cette famille et lui rendait souvent visite.



Une femme atypique

Marie Madeleine était une femme hors du commun, dynamique, créative, d’une beauté magnétique, irrésistible, qui venait de sa beauté intérieure, de sa grandeur d’âme. Elle avait pour atouts une volonté farouche et, comme certaines femmes un peu particulières, une sorte de clairvoyance et un savoir inné, un savoir direct face à tous les mondes, mis à part le monde divin.

Et bien que cela n’ait rien à voir avec ce que l’on connaît aujourd’hui, Marie Madeleine était une féministe : elle militait pour les droits des femmes. Un exemple : Elle contribua à ce que les femmes obtiennent le droit d’entrer dans les synagogues.
 La situation sociale qu’elle occupait faisait d’elle une protégée de l’administration romaine, dont son père était issu.

Elle avait l’amour de la Lumière. Son impétuosité, la force de son amour lui valurent une image fougueuse, nimbée d’un charisme étonnant. Marie Madeleine est à l’image de la femme qui prend le monde dans son cœur. Elle représente la femme qui approche son cœur du cœur de la Mère du monde (L’âme de la Terre-Mère) et qui veut travailler avec Elle. Elle ne préfère pas les hommes aux fourmis. Elle se tient dans la beauté de son âme, reliée à l’âme de la Nature vivante.

Essénienne de cœur et d’esprit, elle était très libre, joyeuse, bouillonnante et en imposait beaucoup par sa présence. Mais elle n’était pas du tout paisible, sereine et voulait toujours en faire plus. Elle se considérait comme un être humain complètement ordinaire. Néanmoins, elle voulait transformer le monde. Elle travaillait le jour et la nuit et était toujours dans l’insatisfaction du travail réalisé, même à l’heure de sa mort.

On la nommait « la fille de la joie », car elle savait mettre de la joie partout, dans l’eau, dans la cendre, dans la terre, dans les repas... Elle savait également, par son amour, par sa concentration, par cette conscience supérieure qui émanait d’elle, par l’art du toucher, mettre de la force dans ses paroles, dans ses pensées, dans ses gestes, bénir les objets, les maisons, prendre soin de la terre, de la nature et de la vie. De ce fait et toujours dans cette aspiration de vivre avec les Anges et avec les vertus, elle put réaliser de très nombreuses expériences. Et grâce au maître Jésus, elle apprit à travailler dans l’alliance avec un monde supérieur, non pas dans des apparences trompeuses, mais jusque dans la réalité concrète.



Une ancienne prêtresse égyptienne

Dans une ancienne incarnation égyptienne, Marie Madeleine était prêtresse. Elle avait totalement personnifiée la Déesse Hathor et, à ce titre, avait été adorée et vénérée comme telle. À cette époque où les Pharaons Fils du Soleil gouvernaient (avant la chute de l’Egypte), les Esséniens travaillaient avec les Dieux. Ils parlaient avec les Dieux, vivaient avec eux, les appelaient afin de permettre à certains êtres préparés d’incarner des Divinités. Ces êtres étaient éduqués dans des temples, jusqu’à ce que le Principe même de la Divinité puisse vivre dans leur corps. Ils connaissaient ces secrets et n’y voyaient aucune difficulté. Ils savaient même que lorsqu’ils avaient attiré une Divinité dans un corps, ils pouvaient la faire vivre dans plusieurs corps.

Marie Madeleine représentait le côté féminin d’Isis car, dans son essence, elle était fille d’Isis – c’est-à-dire qu’elle faisait partie de ces femmes qui s’étaient incarnées pendant plusieurs siècles pour réactiver la mémoire d’Isis. Il faut savoir qu’Isis n’a pas été uniquement une femme dans une seule femme, mais qu’elle a été une femme dans plusieurs femmes.

Rares sont les femmes, à travers les siècles, qui ont compris qu’elles devaient enfanter Dieu sur la terre. Et c’est pourquoi les femmes telles que Marie Madeleine étaient considérées comme précieuses, d’une valeur inestimable. En effet, elles savaient mettre la Lumière au monde et lui donner un corps. Leurs pensées étaient habitées par les forces de la Lumière et elles étaient réellement en communication avec des êtres lumineux et purs, qui vivent en l’homme et autour de l’homme.

Par son ardeur, par sa détermination, Marie-Madeleine put retrouver peu à peu de nombreux secrets oubliés, dont la mémoire des anciens mystères d’Isis qui vivaient en elle. Elle avait toutefois conscience qu’existaient d’autres Mystères beaucoup plus hauts, dont certains lui seront révélés ultérieurement par Jésus.

L’expérience qui aura marqué toute sa vie, c’est sa rencontre avec Dieu à travers Jésus, qui, pour elle, était Dieu Lui-même. Elle a réellement vu en lui l’incarnation de ce monde dont elle portait la mémoire.

Marie Madeleine représente aujourd’hui la femme de Lumière qui a posé les fondements du christianisme. Elle nous a précédés sur ce chemin de l’amour pour Dieu. Et c’est en allant vers la Lumière, fécondée par Dieu et engendrant Dieu dans le monde, avec amour, avec bonté, que Marie Madeleine a démontré par son exemple le principe supérieur de toute initiation féminine. Elle l’a fait dans la plus grande humilité et simplicité. Sans elle, Jésus n’aurait jamais pu accomplir sa mission sur la Terre…

Pour en savoir plus :
Article complet dans le magazine Essentiel n°36 – janvier-février-mars 2018 Par Olivier Manitara


Voir les Articles de mon autre blog : http://channelconscience.unblog.fr/category/marie-madeleine/


vendredi 15 décembre 2017

Chamane et Prêtresse



La femme, qui acquiert la connaissance de son cycle et de ses composantes énergétiques, prend aussi conscience de la vie à un niveau situé au-delà du visible. Elle possède la clé intuitive lui permettant d'accéder aux énergies de la vie et de la mort, de même que la perception de la divinité qui réside en elle et dans la terre. Cela permet non seulement l'influence réciproque de la femme et des aspects visibles, ordinaires de sa vie, mais aussi celle de la femme et des volets invisibles, spirituels de son vécu. C'est grâce à cet état de conscience modifié menstruellement que la femme chamane et médecin, ainsi que plus tard, la prêtresse, mettront leurs facultés, leur savoir et leur rapport avec le divin au service du monde matériel et de sa communauté. Guérison, magie, prophétie, enseignement, inspiration et survie procèdent de leur aptitude à percevoir deux univers, à évoluer dans l'espace qui les séparent et à pratiquer la transposition réciproque des expériences vécues dans l'un et l'autre.

La suprématie masculine croissante au sein de la société et des sphères religieuses a conduit au déclin de la femme chamane et prêtresse, jusqu'à ce que finalement, les hommes occupent leurs positions et remplissent leurs fonctions. Le rôle de la prêtresse a été si profondément et totalement réprimé que les femmes ne jouent plus aucun rôle actif au sein de l'institution religieuse. Le statut moins formel de la femme avertie - la sage - ou de la sorcière peut perdurer dans la « clandestinité » devenant l'ultime lien avec les antiques religions matriarcales.




La sorcière du village était experte en magie de la nature, en l'art de guérir et en « communication », créant une interaction entre elle et son cycle menstruel, les saisons et son moi intuitif profond. Elle offrait son aide et ses conseils lors de la naissance et de la mort, était un facteur d'initiation et d'évolution individuelle à l'occasion des rites de passage, de même qu'elle présidait aux transes rituelles apportant à la communauté cohésion, inspiration et fécondité. Elle apportait l'équilibre de la conscience et des facultés féminines à une société et une institution religieuse dominées par l'homme.

Malheureusement, ces facultés féminines étaient évidemment une menace pour l'édifice social masculin, et, au Moyen Age, les persécutions dirigées contre les sorcières ont en fait anéanti la tradition de « femme éclairée ». En conséquence, en s'en prenant à elles, les persécuteurs reconnaissaient leur pouvoir ; mais la suppression effective du statut de la sorcellerie est victime de la négation de ces facultés féminines par la société. La sorcière devint alors un objet de désunion que les livres pour enfants et la fête d'Halloween (veille de la Toussaint) présentent sous les traits d'un personnage comique. Les premières sanctions prises à leur encontre, puis l'endoctrinement ultérieur mettant l'accent sur la peur et la honte ont dissuadé les femmes d'exprimer leurs aptitudes et leurs besoins de réactualiser la tradition. Les effets directs de leurs persécutions se traduisent encore aujourd'hui, au sein de la société, par le manque d'enseignements spirituels, d'archétypes ou de traditions reconnaissant le caractère de la femme et de ses facultés, ainsi que de conseils dans leur mode d'emploi.

Le refus de nous accorder la possibilité de vivre notre spiritualité de manière active nous oblige à accepter une institution religieuse dominée par l'homme. Afin d'en prendre conscience, nous devons rester « à l'extérieur » de la religion masculine et de celle pratiquée par la majorité de la communauté - attitude difficile à adopter en raison de notre éducation et pouvant induire une forte crainte due au manque de conseils en la matière. La répression de la spiritualité féminine est un phénomène relativement récent dans l'histoire de l'humanité, mais elle s'est opérée de manière si totale que la spiritualité féminine n'a laissé de traces que dans le folklore, l'archéologie, les mythes et les légendes occidentaux, ainsi que dans le besoin de notre ressenti.

La position sociale de la femme s'étant améliorée au cours du vingtième siècle, le besoin croissant d'une spiritualité féminine s'exprimant sous une forme reconnue s'est manifesté. Aussi sous notre pression, certaines églises chrétiennes ont accepté notre accession à la prêtrise mais, bien que cette admission nous reconnaisse en êtres doués d'une conscience spirituelle, elle nie notre caractère féminin. Ainsi, le terme « femme-prêtre », employé au lieu de « prêtresse», fait de nous un « prêtre honoraire », ignorant notre caractère et nos facultés.

Une femme ne peut être prêtre en raison de sa féminité, mais c'est cette féminité même, et la sexualité qui y est associée, qui l'unissent à la conscience du divin, aux rythmes biologiques et à l'univers. La prêtrise nous confère un rôle spirituel reconnu, mais rien de plus. La qualité d'être spirituel est inhérente à la nature et au corps de la femme.

L’aptitude que possède celle qui est tout à la fois une prêtresse, une sage, une chamane et une sorcière peut intervenir comme médiateur des puissances divines. Elle est l'héritage de toutes les femmes et provient de la conscience qu'elles ont d'elles-mêmes. Devenir prêtresse. C’est explorer son monde intérieur. L’image d'une femme tenant un calice n'a pas la même signification que celle d'un homme faisant la même chose, que ce fait soit reconnu sur les plans conscient ou subconscient, et c'est peut-être la raison pour laquelle les femmes vont « prendre la suite » à la tête de l'institution religieuse. Il est nécessaire de redonner vie aux deux images qui doivent être équilibrées, non antagonistes, chacune étant acceptée de plein droit. Les mythes de la femme et de l'homme ne sont pas identiques, mais ils ne sont pas indépendants l'un de l'autre ; ils sont la trame et la chaîne complexes d'une même étoffe aux coloris harmonieux et équilibrés.



Autrefois, le caractère lunaire des femmes était reconnu comme le lien les unissant à l'univers. Son corps était le médiateur qui lui permettait de constater intuitivement que la vie, dans sa diversité, est un tissu de relations réciproques infinies, mais aussi qu'il y a continuité et non plus rupture entre le divin, la création, le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance. Ces prises de conscience n'existent pas dans la société moderne et sont difficiles à comprendre à moins qu'elles ne soient vécues directement par l'intermédiaire du corps chez la femme et par l'intermédiaire de la femme chez l'homme. Il n'y a pas plus de place dans la société d'aujourd'hui pour les danses extatiques et l'expression de la spiritualité par la sexualité et le corps que pour la voix de la prophétie ou de l'oracle. Celle-ci est coupée des facultés que confère la féminité, ainsi que de l'inspiration et de l'empathie qui suscitent développement et compréhension, affranchissement de la peur, de la mort ainsi que l'unité esprit-corps-création et divin.

Les progrès de la femme au sein de l'« univers masculin » se sont réalisés sur le plan intellectuel au détriment de son intelligence et de sa créativité intuitive. Les archétypes et  traditions qui pourraient nous guider en répondant à nos besoins et aptitudes sont absents des nouveaux domaines d'activités professionnelles et d'expériences. D'où l'importance essentielle pour nous de remédier à cette carence et de vivre un développement et une reconnaissance au sein de la société dans le respect de notre être sous toutes ses formes.